DMG PARIS DIDEROT: Revue de Presse

Otites du petit enfant: l'antibiothérapie est justifiée

Paula A. Tähtinen, M.D., Miia K. Laine, M.D., Pentti Huovinen, M.D., et al A Placebo-Controlled Trial of Antimicrobial Treatment for Acute Otitis Media N Engl J Med 2011; 364:116-126January 13, 2011



Remarque: ce résumé d'article a été écrit par un étudiant ou un enseignant du DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE DE PARIS 7. Il est en accès libre. La rédaction des résumés est faite dans le cadre de la REVUE DE PRESSE du DMG.

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Résumé de l'article

Contexte:

L'OMA est l'une des principales causes d'utilisation d'antibiotique en ville. En France selon les recommandations de l'AFSSAPS:

Méthode:

Les auteurs étudient l'efficacité d'un traitement antibiotique dans le traitement de l'otite moyenne aigüe diagnostiquée avec des critères stricts. Ils cherchent donc à démontrer que le traitement antibiotique diminuent le taux d'échec au traitement.

L'étude s'est déroulée dans l'hôpital du district du sud-ouest de la Finlande entre mars 2006 et décembre 2008.

C'est une étude randomisée, contrôlée amoxicilline-acide clavulanique ( 40 mg d'amoxicilline /kg/j et 5.7 mg d'acide clavulanique/kg/j en 2 prises pendant 7 jours) versus placebo pour 7 jours en double-aveugle.

Les critères d'inclusion sont les enfants âgés de 6 à 35 mois et qui ont 3 critères nécessaires au diagnostic d'OMA:

Les critères d'exclusion sont:

ceux qui avaient un traitement antibiotique continu, une perforation tympanique, ceux qui avaient utilisé une corticothérapie systémique ou nasale ou un antihistaminique ou de l'oseltamivir dans les 3 jours précédents, une allergie à la penicilline, une tympanostomie, une infection sévère, une infection à EBV dans les 7 jours précédents, les trisomies 21 ou des affections de l'oreille moyenne, les immunodéficience, les vomissements sévères et la pauvre coopération parentale ( ne pas parler le finnois)

Les patients étaient revus au 3° jour et au 8° jour. A chaque visite, le médecin pouvait changer de traitement si les conditions le nécessitaient.

Le critère de jugement principal est la durée jusqu'à l'échec au traitement.

L'échec au traitement est composé de 6 déterminants:

Resultats:

319 patients ont été inclus ( 161 patients dans le groupe amoxicilline-acide clavulanique et 158 dans le groupe placebo). Le taux d'observance est de 94% selon les notes journalières et de 99% selon le taux de retour du traitement.

A la fin de l'étude, le taux d'échec est:

Cela est visible dès la première visite du 3° jour avec un taux d'échec de

Le traitement par amoxicilline-acide clavulanique diminue de 62% le risque d'échec au traitement ( p < 0,001 )ce qui signifie qu'il faut traiter 3,8 enfants pour éviter un échec au traitement.

Il n'y a pas eu de méningite ni de mastoidite.

Des effets secondaires ( diarrhée, eczéma...) ont été détectés chez 85 enfants du groupe antibiotique ( 52,8%) contre 57 enfants dans le groupe placebo ( 36,1%). Il y a donc une différence de 16,7% ( p=0,003) en défaveur du groupe amoxicilline-acide clavulanique.


Commentaire

Dans cette étude, les auteurs trouvent un nombre de sujets nécessaires à traiter plus faible que dans les études antérieures ( entre 7 et 17 enfants à traiter pour éviter 1 échec au traitement selon les méta-analyses). Ils ont donc du introduire un traitement antibiotique chez un tiers des patients du groupe placebo contre 12% dans les études précédentes. Mais, dans cette étude les critères d'inclusion étaient très sévères et les otites graves n'étaient pas exclues.

Ils remarquent cependant qu'un certain nombre d'otite guérissent sans traitement antibiotique donc l'attitude qui consiste à attendre et surveiller reste une attitude possible. Il reste donc à déterminer de manière plus précise quels sont les patients qui nécessitent un traitement antibiotique.

Finalement cette étude ne remet pas en cause les recommandations de l'AFSSAPS car elle confirme de traiter tous les enfants de moins 24 mois ayant une OMA par antibiotique et ceux de plus de 24 mois ayant des signes francs ce qui est le cas dans leurs critères d'inclusion. Mais peut-être ne faudrait-il pas traiter toute les OMA des enfants de moins de 2 ans et avoir la même attitude qu'avec les enfants de plus de 2 ans.


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