DMG PARIS DIDEROT: Revue de Presse

Etre aidant: un facteur de risque!

Schulz R., Caregiving as a Risk Factor for Mortality The Caregiver Health Effects Study, JAMA. 1999 Dec 15;282(23):2215-9.



Remarque: ce résumé d'article a été écrit par un étudiant ou un enseignant du DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE DE PARIS 7. Il est en accès libre. La rédaction des résumés est faite dans le cadre de la REVUE DE PRESSE du DMG.

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Résumé de l'article

Être aidant principal d’une personne âgée dépendante est un facteur de stress continu psychique et physique, les époux aidants sont âgés et d’autant plus fragiles.

L’hypothèse de cette étude est que le stress constitué par le fardeau d’être aidant d’une personne âgée dépendante entraîne une surmortalité dans cette population, indépendamment des autres facteurs de mortalité.

Afin de le démontrer les investigateurs se sont basés sur une cohorte déjà constituée dans l’étude CHS : une étude prospective observationnelle multi centrique conçue pour déterminer les facteurs de risques de maladies cardio-vasculaires et les conséquences de telles maladies dans une population de personnes âgées de plus de 65 ans.

Parmi ces individus les investigateurs ont extrait ceux qui étaient aidants de leur époux âgé dépendant, ceux qui avait un époux dépendant mais ne s’en occupaient pas, et un groupe témoins de personnes non aidantes.

Parmi les aidants ont étés distingués ceux qui exprimaient une tension par rapport à leur condition et ceux qui ne ressentaient pas de fardeau.

Au total 392 aidants et 427 non aidants ont étés inclus. Après 4 ans de suivi 103 participants sont décédés.

Après ajustement des facteurs sociologiques, des maladies déclarées, des facteurs de risques cardio-vasculaires, les aidants qui avaient exprimé une sensation de fardeau avaient 63% plus de risque de mourir que les non aidants.

Sans surprise les personnes porteuses d’une maladie connue étaient les plus à risque de mourir, leur taux de mortalité sur 4 ans était de 32% contre 15% pour une personne malade non aidante. (soit un RR 7.25, IC95% [2.6 – 20.1] )

Les aidants qui n’exprimaient pas de sensation de fardeau ainsi que les individus qui ne s’occupaient pas de leur époux dépendant n’avaient pas de risque de surmortalité.

Commentaire des auteurs

Pour les auteurs même si le nombre de morts est réduit dans cette étude, ils peuvent néanmoins affirmer que les aidants avec un fardeau ressenti et une maladie connue ont un risque majoré de mourir par rapport à un non aidant malade.

Ils évoquent la possibilité que cette surmortalité soit en rapport avec des observations déjà rapportées sur les aidants à savoir qu’ils auraient peu de temps pour se reposer lorsqu’ils sont malades, pour faire de l’exercice, qu’ils sont sensiblement plus anxieux et déprimés que la population générale.

Une étude plus vaste permettrait d’évaluer les causes de cette surmortalité.


Commentaire

Cette étude, la seule dans son domaine à ma connaissance, a le mérite de prouver que les aidants époux des patients âgés dépendants sont des personnes particulièrement fragiles y compris sur le plan somatique.

Il faudrait creuser pour savoir quelles sont les raisons de la surmortalité, s’agit il de négligence vis-à-vis de leur santé, manque de temps, surmenage, maladie cardio-vasculaire, suicide… ?

Il serait intéressant de savoir si les actions de prévention, d’aide aux aidants, de répit familial et autres outils développés ces dernières années pour les aidants sont efficaces pour diminuer cette surmortalité.

Nous devons trouver le temps en tant que médecins généralistes de nous intéresser aux aidants que l’ont voit si souvent en tant qu’accompagnateurs, insister pour les voir seuls régulièrement, être attentifs aux signes de surmenage, essayer de convaincre les réfractaires de l’importance de leur propre santé.


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