DMG PARIS DIDEROT: Revue de Presse

Quel est le rôle du médecin généraliste dans la prise en charge d'une victime d'agression sexuelle ?

CAROLINE REY-SALMONExamen et prise en charge des victimes d'agression sexuelle Rev Prat ; 2012 : 62:803-808



Remarque: ce résumé d'article a été écrit par un étudiant ou un enseignant du DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE DE PARIS 7. Il est en accès libre. La rédaction des résumés est faite dans le cadre de la REVUE DE PRESSE du DMG.

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Résumé de l'article

50000 femmes par an sont victimes d’attouchements sexuels, de tentative de viol, ou de viol en France, en 2000. 5% font l’objet d’une plainte.

L’examen :

Les médecins généralistes sont souvent le 1er recours des victimes d’agression sexuelle, en dehors de toute procédure judiciaire.

L’entretien :

il est préférable de laisser la victime faire un récit totalement libre de l’agression, sans l’interrompre. Au terme du récit, le médecin doit faire préciser : la date, l’heure, les lieux et les circonstances de l’agression ; s’il s’agit d’une agression unique ou répétée, la nature de l’agression (pénétration, éjaculation, préservatif) ; s’il y a eu menaces ou violences associées ; les liens entre la victime et l’auteur.

L’examen somatique général :

Il doit avoir lieu dans le calme. Il faut informer la victime précisément sur le déroulement de la consultation et recueillir son consentement à chaque étape. L’examen vise à rechercher des traces de violences qui sont précisément décrites +/- consignées sur un schéma ou photographiées.

Si les vêtements sont tachés de sang ou de sperme, il faut les conserver dans un sac en papier.

L’examen périnéal :

c’est un examen spécialisé qui doit être fait de manière urgente. Le médecin ne doit pas hésiter à passer la main à un confrère s’il ne se sent pas compétent pour le réaliser. L’inspection des OGE cherche des lésions d’allure traumatique, complétée par un examen de l’hymen chez la jeune femme vierge et un examen de la marge anale en prenant soin de bien déplisser la marge anale, étude du reflexe cutané anal et toucher rectal.

Rédaction du certificat médical descriptif

Les examens complémentaires :
Traitement :

La prévention d’une grossesse est effectuée dans les 72h par l’administration de levonorgestrel.

Un traitement antirétroviral (2 analogues nucléosiques et 1 antiprotéase) est administré le plus tôt possible, au plus tard 48h après l’agression. Le traitement dure 28 jours. Une prévention de la séroconversion de l’hépatite B peut être réalisée dans les 48h suivant l’agression. Elle comporte une sérovaccination par Ig anti-HbS et injection d’une dose de vaccin.

Suivi :

L’orientation vers un psychothérapeute doit être adaptée à chaque situation et s’impose en cas de signes de détresse psychique. La patiente est revue pour évaluation de la tolérance des traitements, contrôle sérologique et réévaluation de l’état psychologique.


Commentaire

Tout médecin généraliste peut être confronté à une victime d’agression sexuelle. L’aspect médico-légal de cette consultation effraie beaucoup de médecins généralistes qui ne reçoivent pas ces patientes et les orientent directement vers les unités médico-judiciaires ou le commissariat de police. Pourtant le médecin généraliste est très bien placé pour recevoir ces patientes, d’autant plus s’il en est le médecin traitant. L’accueil de ces patientes peut être déterminant pour le reste de la prise en charge. Un certain nombre de choses peuvent être faites au cabinet : l’interrogatoire, l’examen général, la rédaction du certificat initial descriptif. Des mesures préventives doivent être mise en place sans perdre de temps : la contraception d’urgence et le traitement antirétroviral. Toutefois, l’examen gynécologique et les prélèvements à la recherche de sperme me semblent plus du ressort du spécialiste. Un médecin expert pourra les effectuer dans le respect de la procédure judiciaire.

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