DMG PARIS DIDEROT: Revue de Presse

VIH: un échec de la stratégie de dépistage généralisé?

F Cazein , Y Le Strat, S Le Vu, J Pillonel, F Lot, SCouturier, C Semaille, Dépistage de l’infection par le VIH en France, 2003-2011 BEH 46-47; 529-533 (1/12/2012)



Remarque: ce résumé d'article a été écrit par un étudiant ou un enseignant du DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE DE PARIS 7. Il est en accès libre. La rédaction des résumés est faite dans le cadre de la REVUE DE PRESSE du DMG.

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Résumé de l'article

En France en 2010, la moitié des découvertes de séropositivité VIH ont eu lieu alors que le taux de lymphocytes CD4 était inférieur à 350 par mm3, donc trop tradivement.Environ 150000 français sont porteurs du VIH, mais 15.000 à 30.000 d'entre eux l'ignorent.

Face à ces considérations, la recommandation actuelle est de proposer un dépistage régulier à toutes les personnes ayant été exposées à un risque, mais aussi de proposer un dépistage unique à l'ensemble de la population adulte, hors de toute notion d'exposition.

L'INVS a la charge de surveiller l'activité de dépistage VIH sur le territoire français, à la fois dans les laboratoires d'analyses médicale et dans les lieux de dépistage anonyme. LABO VIH est le nom de ce programme de surveillance.

En 2011 89% des laboratoires d'analyse de biologie médicale ont participé à cette étude (de 88% pour les laboratoires de ville à 99% pour les laboratoires hospitaliers.

En 2011, il a été réalisé en FRANCE 5.18 millions de sérologies VIH, soit 79 sérologies pour 1000 habitants. Ce nombre qui était stable depuis 2006 autour de 5 millions, a augmenté significativement en 2011 (+4%)

En métropole c'est en Ile de France et en région PACA que sont réalisées le plus de sérologie par habitant : respectivemment 1.2 et 1.3 fois la moyenne nationale. Dans PARIS intra muros on réalise 2.6 fois plus de sérologies par habitant que pour l'ensemble de la France. Il est à noter qu'en Ile de France, les chiffres de sérologies pratiquées n'ont pas augmenté. 7% des sérologies faites en France le sont dans un cadre anonyme, soit environ 380.000 par an, ce chiffre n'ayant pas bougé entre 2010 et 2011.

Le nombre de sérologies positives est resté stable entre 2011 , soit de 10517 en 2011 Ce chiffre n'a rien à voir avec le nombre de diagnostics d'infection par le VIH découvertes, car de nombreuses personnes se font dépister plusieurs fois) .

39% des sérologies positives découvertes en France le sont dans un laboratoire de ville. Il y avait en 2011 2.0 sérologie positives pour 1000 sérologies réalisées, chiffre en diminution par rapport à la période 2005-2010.Ce chiffre est plus élevé, comme toujours, pour les sérologies réalisées dans un cadre anonyme (3.2 sérologies positives pour 1000 réalisées) qu'en milieu confidentiel (2.9 pour 1000)

L'étude ne permet pas d'identifier les sérologies prescrites dans un cadre systématique de celles qui sont orientées par l'exposition à un risque, mais la stabilité des chiffres sur 2005-2010 suivie de leur augmentation significative en 2011 rend probable, pour les auteurs de l'étude, un effet de la recommandation

La place des TROD ( test à réalisation rapide au cabinet ou en centre) reste marginale puisque seuls 4000 TROD ont été réalisés en 2011 par des associations .Nous n'avons pas de chiffre pour les généralistes.

L'absence d'augmentation du nombre absolu de sérologies positives n'est pas surprenante, car avec 4% seulement de sérologies en plus il n'est pas statistiquement possible d'observer une augmentation du nombre de sérologies positives.


Commentaire

Ces résultats questionnent la stratégie actuellement retenue pour le dépistage. On avait pensé en 2009 qu´en généralisant le dépistage à l´ensemble de la population adulte, on obtiendrait une augmentation significative du nombre de personnes dépistées, et surtout des découvertes de séropositivité inattendues, donc une augmentation du nombre de tests positifs.

Les auteurs sont bien gentils de dire qu´il est trop tôt pour conclure.

Point numéro 1: les taux de prescription de sérologies n´augmentent pas. 4% d´augmentation du nombre total de sérologies en France, c´est un résultat qui doit d´ores et déjà être considéré au minimum comme un échec de la stratégie de 2010. Est ce un défaut de communication, les généralistes n´étant pas informés de la nouvelle stratégie? C´est possible, mais ça demande à être vérifié. L´autre hypothèse est une résistance des généralistes à appliquer la recommandation, et si cette hypothèse est exacte elle doit être explorée pour être comprise.

Point numéro 2: l´absence d´augmentation du nombre absolu de sérologies positives est décevant. Mais cela ne remet pas en cause le principe. En effet avec seulement 4% d´augmentation du taux de sérologies totales pratiquées, il est impossible statistiquement d´observer une augmentation du nombre de résultats positifs.


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