DMG PARIS DIDEROT: Revue de Presse

Vaccins antipapillomavirus et survenue de syndrome de Guillain-Barré : balance bénéfices-risques ?

Rev Prescrire 2016 ; 36 (392) : 427-432



Remarque: ce résumé d'article a été écrit par un étudiant ou un enseignant du DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE DE PARIS 7. Il est en accès libre. La rédaction des résumés est faite dans le cadre de la REVUE DE PRESSE du DMG.

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Résumé de l'article

Introduction

De plus en plus d´incertitude émerge autour des effets indésirables potentiellement imputables à la vaccination et notamment au sujet de celle contre le papillomavirus.

Une étude datée de 2014 concernant plusieurs millions de jeunes filles vaccinées par le vaccin bivalent ou quadrivalent n´a montré aucun lien entre vaccination et survenue de maladies auto immunes.

Etude de cohorte française : risque de survenue de Syndrome de Guillain-Barré

En 2015, une vaste étude de cohorte française a fait paraître ses résultats sur lien entre vaccination contre le papillomavirus et survenue de 14 affections auto immunes.

Cette étude menée de 2008 à 2012, incluant près de 850 000 jeunes filles vaccinées pour 93% d´entre elles par le vaccin quadrivalent et 7% par le vaccin bivalent, comparées à jeunes filles non vaccinées, a montré un risque statistiquement significative de survenue d´un syndrome de Guillain-Barré de l´ordre de 1 à 2 cas supplémentaires pour 100 000 jeunes filles vaccinées par les 2 vaccins par rapport aux jeunes filles non vaccinées du même age, compte tenu d´un délai médian de survenue de la symptomatologie à 4,6 mois après la dernière dose.

Autre risque statistiquement significatif : la thyroidite

Lien également statistiquement significatif entre survenue d´une thyroïdite et vaccination par vaccin bivalent seul, 14 cas par an pour 100000 patientes vaccinées contre 6 cas par an pour 100000 patientes non vaccinées.

Pas de lien entre vaccination et survenue de MICI.

Conclusion et conduite à tenir recommandé

Plausible que l´exposition au vaccin augmente le risque de survenue d´un Guillain Barré mais doutes sur la réalité de ce risque.

Balance bénéfices- risques à évaluer.

Dans un contexte d´absence de certitude quant à la réduction de la mortalité du cancer du col et risque de syndrome de Guillain-Barré malgré sa rareté il est nécessaire d´informer les jeunes filles et leurs parents.


Commentaire

Discussion

Article de la revue Prescrire qui pose la question du risque de survenue de maladie auto-immune et principalement du syndrome de Guillain-Barré après vaccination contre le papillomavirus.

Cet article rend difficile de poser l´indication de cette vaccination et d´équilibrer le contenu de l´information à délivrer aux jeunes patientes et à leurs parents. Un risque de survenue d´une maladie rare telle que le syndrome de Guillain-Barré, risque dont la réalité reste douteuse, ferait pencher la balance vers l´exposition à la vaccination face au cancer du col dont la mortalité estimée en 2012 était de 3.4 pour 100 000 femmes soit 1102 morts.

Néanmoins, aucune étude ne prouve que le vaccin mis sur le commerce en 2000 diminuerait le risque de carcinome invasive.

Et dans l´hypothèse où ce serait le cas, l´age moyen de diagnostic de carcinome invasif se situe entre 45 et 54 ans, il faudrait alors prouver la portée de la couverture vaccinale

Frottis cervico-utérin : intérêt d´un dépistage de masse

Le principal moyen de réduire la mortalité par cancer du col reste le frottis cervico-utérin, reposant actuellement en France sur un dépistage individuel, dépistage laissant encore des femmes pas ou mal dépistées.

Devant une vaccination dont la balance bénéfice risque apparaît incertaine, l´instauration d´un dépistage organisé du cancer du col par frottis est une solution.


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