DMG PARIS DIDEROT: Revue de Presse

Vacciner contre le méningo C: la France choisit un schéma simple et efficace

Gaudelus J, de Pontual L, Nouvelles recommandations concernant la vaccination contre le ménigocoque C, Rev Prat 2010;60:1386-7



Remarque: ce résumé d'article a été écrit par un étudiant ou un enseignant du DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE DE PARIS 7. Il est en accès libre. La rédaction des résumés est faite dans le cadre de la REVUE DE PRESSE du DMG.

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Résumé de l'article

Données épidémiologiques

Les infections invasives à méningocoque sont dues aux souches de sérogroupes A,B,C,Y et W135. Le groupe B est responsable de 65% des cas environ, le groupe C de 25 à 30%.

Les infections invasives à méningocoque C ont une incidence de 0,28/100.000 en France, c'est aujourd'hui un des taux les plus élevé d'Europe. L'incidence est maximale avant un an, élevée entre 1 et 4 ans et entre 15 et 19 ans. La létalité est de 15% (soit 30 décès par an).

On observe en France l'implantation récente d'un phénotype/génotype particulier responsable d'une mortalité élevée, d'un décalage vers les tranches d'âge plus élevées, et d'une implication fréquente de cas groupés.

Vaccins

Trois vaccins sont disponibles, utilisables dès l'âge de deux mois:

Le schéma vaccinal théorique comporte trois injections, mais ce n'est pas le schéma retenu par la recommandation française (voir plus loin).

La tolérance du vaccin est globalement bonne, il faut noter toutefois 50% de réactions locales, une irritabilité fréquente du nourrisson, et 9 à 10% de fièvres élevées, associées ou non à des céphalées ou myalgies. Le taux de réactions anaphylactiques est comparable aux autres vaccins (<1/10000)

Expérience des pays ayant mis en place une vaccination universelle

Dans tous les pays où une vaccination universelle a été mise en place, la réduction d'incidence des infections invasives à méningocoque C a été très rapide (un à deux ans) et très importante (de l'ordre de 90%). Les schémas vaccinaux recommandés varient d'un pays à l'autre, mais l'exemple qui a retenu l'attention des décideurs français est celui des Pays Bas: dans ce pays, le choix a été fait d'une injection unique chez tous les nourrissons de 1 à 2 ans, avec un rattrapage jusqu'à 18 ans. Le taux de couverture obtenu a atteint 94% chez le nourrisson. La réduction du nombre de nouveaux cas d'infection invasive à méningocoque C a été comme ailleurs très rapide et importante, 91% au final.

La recommandation française

Elle s'inspire du modèle hollandais:

  1. vaccination systématique des nourrissons entre 12 et 24 mois, avec une seule dose de vaccin méningococique C conjugué
  2. rattrapage de tous les sujets jusqu'à 24 ans révolus, toujours avec une dose isolée de vaccin

Commentaire

La France a tardé à mettre en place une vaccination systématique contre le méningocoque C, et elle le paye en étant aujourd´hui une des plus mauvaises élèves de la classe européenne en termes d´incidence des infections invasives à méningocoque C.

Mais son retard lui a permis de prendre le temps d´examiner les résultats des différentes stratégies mises en place en Europe, et d´adopter finalement une recommandation, calquée sur le modèle hollandais, dont il est probable qu´elle est à la fois peu coûteuse et très efficace.

Le choix de l´absence de rappel est toutefois risqué et nécessitera peut-être une révision de la recommandation dans quelques années.

A noter que le taux de réaction anamhylactique de 1/10000 peut paraître faible, mais que la maladie prévenue est d'incidence beaucoup plus faible. Il est donc souhaitable que ces 'réactions anaphylactiques' soient mineures, pour que l'intérêt du vaccin soit conservé.


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