DMG PARIS DIDEROT: Revue de Presse

Dengue: évoquer le diagnostic devant une fièvre au retour de voyage

Méchaï F, Bouchaud O La dengue, une infection émergente chez le voyageur. Rev Prat 2011;61:755-9



Remarque: ce résumé d'article a été écrit par un étudiant ou un enseignant du DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE DE PARIS 7. Il est en accès libre. La rédaction des résumés est faite dans le cadre de la REVUE DE PRESSE du DMG.

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Résumé de l'article

Virologie, transmission

Le virus de la dengue est un virus à ARN. La famille des flaviridae comprend aussi le virus de la fièvre jaune, de l'encéphalite japonaise, et le virus West Nile.

Il existe quatre sérotypes différents procurant tous une immunité durable, mais sans immunité croisée (ce qui explique qu'on puisse avoir plusieurs dengues dans sa vie).

Le principal vecteur est Aedes aegypti, ou moustique tigre, largement répandu dans les zones tropicales et apparu récemment dans le sud de la France. Il pullule en saison des pluies.

Epidémiologie

L'incidence de la dengue a été multipliée par 30 depuis 50 ans.Originaire d'Asie, le virus a envahi la totalité du monde tropical et subtropical. Il existe aujourd'hui des épidémies explosives dans de grandes agglomérations d'Amérique Latine notamment, et les formes graves avec tableau hémorragique et choc ne sont pas exceptionnelle. Il existe 50 à 100 millions de nouveaux cas par an. Les formes graves en représentent 1%. La mortalité des formes graves est de 1% si une prise en charge en réanimation est possible (10% à 15% sinon)

En Europe la dengue est une cause courante de fièvre au retour de voyage en zone d'endémie, le risque est de 1% par mois d'exposition.

La colonisation récente du bassin méditerranéen par Aedes albopictus, une moustique capable de transmettre le virus, rend la diffusion théoriquement possible. La dengue est pour cette raison une maladie à déclaration obligatoire

Clinique

L'incubation est courte (2 à 7 jours). La forme simple associe un syndrome pseudo grippal de 2 à 7 jours, avec fièvre élevée, myalgies, arthralgies, céphalées, douleurs rétro-orbitaires. Dans 50% des cas, après une petite rémission, apparaît au bout de deux à trois jours une reprise fébrile avec un exanthème (séquence très évocatrice). Le diagnostic est difficile, surtout dans les formes pauci symptomatiques et quand l'éruption manque. La notion d'une thrombopénie est un signe indirect utile, de même que des manifestations hémorragiques modérées (pétéchies, épistaxis, saignements des gencives).

Le syndrome post dengue, parfois observé, associe pendant plusieurs mois une asthénie parfois intense et des arhtromyalgies.

L'évolution vers une forme sévère apparaît trois à sept jours après le début de la maladie, souvent au moment de la décroissance thermique. Il associe des signes de fuite plasmatique (pleurésie, ascite, défaillance circulatoire voir choc) et parfois des manifestations hémorragiques, une altération de la conscience, des signes digestifs sévères (vomissements, douleurs abdominales) et une défaillance multiviscérale pouvant conduire au décès.

Diagnostic biologique

Les anomalies de l'hémogramme sont fréquentes : thrombopénie constante, parfois intense, lymphopénie et neutropénie (mais parfois aussi lymphocytose hyperbasophile à J3-J5). La cytolyse hépatique est courante.

Le diagnostic de certitude est apporté par:

Traitement

Il n'y a pas de traitement antiviral spécifique.

Dans les formes simples: repos, réhydratation, paracetamol (éviter l'aspirine en raison du risque hémorragique).

Le patient doit être hospitalisé en cas de thrombopénie inférieure à 50.000 élts par mm3, ou de signes de gravité (hémorragies, collapsus...)

Le remplissage vasculaire est la base du traitement des formes sévères.

Prévention

Un vaccin tétravalent est en cours de développement, actif sur les quatre sérotypes, et pourrait être disponible en 2015-2016.

Les campagnes de démoustification sont basées sur la suppression des collections d'eau péridomestique et l'utilisation d'insecticides.

Une méthode de modification génétique des Aedes mâles visant à réduire leur capacité de procréation, est en cours d'évaluation.

Dans la pratique les voyageurs doivent utiliser des répulsifs dans la journée et surtout en fin d'après midi (horaire des repas pour Aedes), et sur le port de vêtements imprégnés d'insecticide.


Commentaire

La confrontation du médecin généraliste à la dengue est une chose courante dans les DOM TOM. Elle devient non exceptionnelle au retour de voyage, et le médecin métropolitain doit maintenant avoir ce diagnostic en tête devant une fièvre au retour de voyage. La notion de thrombopénie est un élément important.

L´existence d´un diagnostic antigénique est une donnée à suivre, même si dans la pratique l´important est d´évoquer le diagnostic, pour dépister les formes graves, dont le début est souvent décalé de 3 à 7 jours par rapport aux premiers signes.

A suivre aussi, l´idée d´un vaccin.

Les mesures préventives sont celles appliquées pour toutes les infections transmises par les moustiques et doivent être connues et répétées par les MG...


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