DMG PARIS DIDEROT: Revue de Presse

Grossesse et tabac: la cata!

Grangé G, Guibert J Tabagisme et grossesse Rev Prat 62: 344-6



Remarque: ce résumé d'article a été écrit par un étudiant ou un enseignant du DEPARTEMENT DE MEDECINE GENERALE DE PARIS 7. Il est en accès libre. La rédaction des résumés est faite dans le cadre de la REVUE DE PRESSE du DMG.

Règles éditoriales du site


Résumé de l'article

Tabac et fertilité

La toxicité sur la fertilité se fait par deux mécanismes: l'hypoxie tissualire et la perturbation endocrinienne

Hypoxie tissulaire

L'hypoxie conduit chez la femme à une baisse de la réserve ovarienne, donc à un avancement de l'âge de la ménopause. Elle perturbe aussi la fécondation par différents mécanismes, et augmente le risque de fausses couches par altération vasculaire endométriale

Chez l'homme, l'hypoxie tissulaire entraîne une altération des paramètres du spermogramme

Perturbation endocrinienne

Les hydrocarbures polycycliques aromatiques et la nicotine ont une action antioestrogénique, à l'origine de troubles du cycle, d'avancement de la ménopause, d'altération de la glaire, de la mobilité ciliaire (d'où une augmentation du risque de GEU.

Chez l'homme les hydrocarbures polycycliques induisent des altérations spermatiques.

Conséquences en fertilité naturelle

Le délai de coneption moyen est allogné chez les fumeuses de 4 à 6 mois supplémentaires (effet dose-dépendant). Le risque d'infertilité est multiplié par deux chez les femmes et les hommes fumeurs. L'âge de la ménopause est avancé de deux ans en moyenne. Le risque de fausse couche du premier trimestre et de GEU est augmenté d'un facteur 1.5 à 3. Enfin, l'exposition in utero au tabac entraîne un réduction de la fertilité des filles et des garçons.

Conséquences en aide médicalisée à la procréation

Les mêmes phénomènes sont observés dans le cadre de l'AMP: diminution du taux de grossesse (OR 0.56), augmentation du risque de GEU ( OR=15.69), diminution du taux de naissances vivantes par cycle (OR= 0.54).

Tabac et grossesse

Petit poids de naissance

Le tabac est la première cause évitable de retard de croissance intra utérin. Les nouveau-nés de mère fumuese ont un risque plus élevé de mortalité et de morbidité, dont la naissance prématurée, l'entérocolite nécrosante et la détresse respiratoire. Au delà de la période néonatale, ils ont un risque de retard psychomoteur, et un risque plus élevé d'HTA, de maladie coronarienne et de diabète de type 2.

Les mères fumant plus de 10 cigarettes par jour accouchent d’un enfant dont le poids est en moyenne de 200 g inférieur à celui des enfants de mères non fumeuses. Les nouveau-nés exposés à un tabagisme passif paternel de plus de 20 cigarettes par jour pèsent jusqu’à 100 g de moins que les foetus non exposés.

Mort subite du nourrisson

Le risque de mort subite du nourrisson est multiplié par deux pour une mère fumant pendant la grossesse.

Troubles respiratoires du nourrisson

Le risque d'asthme chez le nourrisson est augmenté de 30% quand la mère fume pendant la grossesse. Si on ajoute les risques de pneumonie, d’otite et de troubles respiratoires sévères, le risque est multiplié par 2.

Malformations foetales

Les malformations foetales voient presque toutes leur incidence augmentées par le tabagisme maternel.

Relation effet-dose

Il existe un relation entre l'importance du tabagisme maternel et la profondeur du RCIU. La perte de poids du nourrisson passe de 86 grammes pour une consommation de 10 cigarettes par jour, à 277 grammes pour plus de 20 cigarettes. Le risque d'hypotrophie foetal est réduit lorsque la patiente interrompt sa consommation de tabac en cours de grossesse.

Effet en fonction des trimestres exposés

Le tabac ne semble pas jouer sur la croissance quand il est limité au premier trimestre de la grossesse, mais c’est la période du risque tératogène.

Conclusion

Le tabac allonge le délai de conception, potentialise l’effet négatif de l’âge, augmente le risque de fausses couches, de grossesses extra-utérines et de morbidité et mortalité périnatales : fumer donne finalement beaucoup moins de chances d’avoir un enfant en bonne santé, et ce, que ce soit la femme ou l’homme qui fume, et que le tabagisme soit actif ou passif. L’effet sur la santé reproductive de la génération suivante est moins bien connu mais peut être un argument de poids chez les couples en désir d’enfant ou en début de grossesse.


Commentaire

La plupart des notions développées dans cet article sont maintenant bien classiques, mais leur juxtaposition reste impressionnante et permet au généraliste de mieux mesurer la gravité de l´addiction au tabac chez la femme enceinte (ou son conjoint).

La notion de troubles de la fertilité chez les enfants est une notion récente.

Le caractère pour une part réversible des troubles est rassurant, il justifie le dépistage et l´intervention précoce sur le tabac au cours de la grossesse. Le généraliste est en première ligne sur ce combat.


Ce site respecte les principes de la charte HONcode de HON Ce site respecte les principes de la charte HONcode.
Site certifié en partenariat avec la Haute Autorité de Santé (HAS).
Vérifiez ici.

Port folio étudiant



© JP AUBERT, A EDDI